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Mortal Shell : devenir une statue est parfois la meilleure attaque

Mortal Shell Testé sur
Mortal Shell : devenir une statue est parfois la meilleure attaque

Mortal Shell emprunte énormément à Dark Souls, mais son système de Harden et ses quatre enveloppes modifient suffisamment le rythme du combat pour lui donner une vraie personnalité mécanique. Court, dense et imparfait, il comprend surtout que copier la difficulté ne suffit pas.

Le meilleur bouton de Mortal Shell est celui qui empêche temporairement de bouger.

Harden transforme le personnage en pierre pendant quelques instants. L'attaque ennemie rebondit, puis l'action reprend là où elle avait été interrompue. Le détail important est que cette capacité peut être déclenchée au milieu d'un mouvement offensif : commencer une attaque lourde, durcir son corps juste avant l'impact adverse et terminer le coup après l'avoir absorbé devient rapidement une séquence normale.

Harden change davantage le rythme qu'il n'en a l'air

GameSpot considère ce système comme l'une des idées qui distinguent réellement Mortal Shell de ses modèles. Le jeu conserve endurance, esquive, parade et attaques lourdes ou légères, mais Harden donne une seconde solution défensive qui ne demande pas forcément de s'éloigner.

Cela encourage des prises de risque intéressantes. Une mauvaise attaque n'est plus systématiquement synonyme de roulade paniquée ; elle peut être suspendue par la pierre et reprise une seconde plus tard.

Le système a cependant son côté paresseux. GameSpot note qu'il devient facile de construire certains combats autour du même cycle : Harden, frapper, reculer, attendre le cooldown. Sur quelques boss, une mécanique qui ouvre normalement des possibilités finit ainsi par ralentir le duel.

Quatre corps plutôt qu'une feuille de statistiques

Le Foundling n'est pratiquement rien sans une Shell. Les quatre corps disponibles remplacent une bonne partie du système traditionnel de classes : chacun possède ses propres valeurs de santé, endurance et Resolve, puis son arbre d'améliorations.

Cette limitation est intelligente. Mortal Shell évite de demander au joueur de répartir des dizaines de points dans des attributs dont il ne connaît pas encore l'utilité. Changer de Shell revient à changer de philosophie générale sans reconstruire un personnage depuis zéro.

PC Gamer apprécie particulièrement cette approche plus compacte. Elle correspond au reste du jeu, beaucoup plus court que les grands Souls auxquels il se compare.

Les objets ont enfin une bonne raison d'être consommés

Le système de Familiarity est une petite idée plus discrète. Utiliser plusieurs fois un objet révèle progressivement ses effets et peut parfois en améliorer le comportement. L'inconnu pousse donc à consommer au lieu d'entasser vingt champignons « au cas où » jusqu'au générique.

GameSpot y voit une manière réussie de récompenser la curiosité. Dans un genre où les inventaires deviennent volontiers des musées de consommables jamais touchés, le changement est bienvenu.

La difficulté souffre davantage de l'espace que des ennemis

Fallgrim aime cacher un bandit derrière un angle ou placer plusieurs adversaires dans des espaces où la caméra n'est pas toujours un allié. GameSpot critique certains pièges et embuscades difficiles à anticiper, tandis que Push Square relève des morts occasionnelles liées au décor ou à un cadrage maladroit.

Le backtracking alourdit davantage le tout. Les raccourcis et repères ne possèdent pas toujours la clarté des meilleurs jeux de FromSoftware, et certaines zones marécageuses se ressemblent suffisamment pour transformer le retour vers un objectif en exercice de mémoire peu passionnant.

Un Soulslike qui a compris qu'il devait modifier quelque chose

Mortal Shell reste extraordinairement proche de Dark Souls dans sa grammaire, son ambiance et même sa manière de rendre le lore volontairement opaque. Cela limite forcément l'impression de découverte.

Mais Cold Symmetry n'a pas simplement ajouté une barre d'endurance sous une armure sombre. Harden, les Shells et Familiarity influencent réellement les décisions pendant la partie. Pour un premier jeu conçu par une petite équipe, la différence compte.

Points forts

  • Harden modifie réellement le rythme des combats
  • Les quatre Shells proposent des archétypes lisibles
  • Le système Familiarity récompense l'expérimentation
  • Des combats lourds et méthodiques
  • Une durée compacte adaptée à ses systèmes

Points faibles

  • Harden peut encourager une stratégie répétitive
  • Beaucoup de backtracking
  • Navigation parfois confuse
  • Quelques embuscades et situations frustrantes
  • Une dette évidente envers Dark Souls

Mortal Shell ne possède ni la variété ni la précision absolue de son modèle, mais il sait où concentrer ses moyens. Harden est une excellente idée, les Shells simplifient intelligemment la progression et le format court évite de trop diluer ces mécaniques. Le backtracking et certains combats trop prudents l'empêchent de rejoindre les meilleurs Soulslike, pas d'être un très bon premier essai.

16 / 20